Participation au débat sur l'abstention organisé à La Paillade par l'Université Populaire Montpelliéraine

  • Par mjs34
  • Le 15/04/2015
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Nous avons assisté mercredi 1er avril à une réunion organisée par l’Université Populaire Montpelliéraine (représentée par Mohamed Bouklit) dans le quartier de La Paillade. Le sujet de cette réunion était l’abstention dans les quartiers populaires. Étaient présents 2 personnes de l'UPM, 2 représentants du Front de Gauche, Philippe Thines du PRG ainsi que des habitants du quartier.

 

Au fil de la discussion, le thème principal de la réunion a vite été dévié vers la politique en général. Plusieurs axes sont ressortis.

 

Un lien entre l'abstention et la désillusion par rapport à la capacité du politique à changer les choses est clairement identifié par les participants.

Un manque d'ambition en termes de politiques sociales au niveau national alors même que le chômage, la pauvreté et les inégalités ne font que progresser, surtout dans ces quartiers relégués, est largement critiqué.

Un sentiment d'exclusion des habitants du quartier apparaît aussi. Ils dénoncent une sorte d'abandon du quartier au vu de son état, du manque de travail et de débouchés pour les habitants du quartier, notamment les jeunes. Il est constaté que le manque d'inclusion et de mixité sociale sont des problèmes majeurs,  il est aussi nécessaire de mettre en place de l'éducation populaire et développer les écoles de la seconde chance.

La dénonciation d’anciennes pratiques politiques du PS dans ce quartier (et d’autres partis politiques ou personnalités locales) constitue la critique majeure. L’exemple qui revient particulièrement est celui de l’obligation d'adhérer au parti pour accéder à un logement ACM. Les personnes présentes à la réunion ont pour certaines eux même vécu cette situation, se sentant exploités (distribution de tracts, paiement de la cotisation chaque année, etc…) en échange de leurs « privilèges » pas souvent acquis finalement. En bref, les habitants dénoncent le clientélisme, encore exercé aujourd’hui par la plupart des partis, et souhaitent des élus qui agissent sans contrepartie.

Il y a aussi un manque de clarté quant aux subventions (notamment européennes) et aux subventions aux associations qui semblent "disparaître". Des chiffres ont été donnés, il y a une incompréhension de leur part car « ils voient la hauteur des subventions et ne voient rien changer dans le quartier » .

 

Un lien entre précarité sociale et implication dans la vie politique est par ailleurs mis en avant. En effet, lorsqu’on peine à se loger, à se nourrir, à trouver du travail, on est beaucoup moins apte à s’impliquer dans la vie du quartier, à agir en citoyen, ce qui est aisément compréhensible.  

Il ressort que les pratiques politiques doivent évoluer vers la transparence dans la gestion des deniers publics. Il est reproché aux élus d'être présents seulement pendant les campagnes et absents au cours de leur mandat pour rendre compte de leur action. La notion de “Paillade, réservoir de voix" est ressortie. Les habitants souhaitent être considérés non pas comme des potentielles voix mais comme des êtres humains, qui vivent dans des conditions souvent très dures, avec de réelles difficultés sociales nécessitant des solutions urgentes.

La démocratie représentative a été critiquée dans le sens où les citoyens se sentent exclus de la prise de décision une fois les élections passées. L'idée de groupes de travail a été émise afin que le quartier ne devienne pas un désert politique en termes de présence. Ainsi, nous seront les bienvenus pour des campagnes “de fond” ne se limitant pas aux questions de personnes.

En conclusion, il s’agit de faire réellement de la politique autrement et de proposer des solutions concrètes à la hauteur des problèmes que rencontrent au quotidien les habitants de quartiers défavorisés comme celui de La Paillade.

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