Interpellation du ministre de l'agriculture sur les "fermes usines" et l'agroécologie

  • Par mjs34
  • Le 19/03/2015
  • Commentaires (0)

Voici le contenu de la lettre que nous avons remise à Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, lors de sa venue à Montpellier mardi dernier :

Monsieur le ministre de l'Agriculture,

Nous souhaitions vous dire que les Jeunes Socialistes de l'Hérault soutiennent le monde associatif qui vous demande de mettre fin aux fermes usines. Ces fermes, où des dizaines de milliers d'animaux sont concentrés, polluent abondamment nos sols, nos milieux aquatiques, détruisent la biodiversité et sont en contradiction avec notre modèle agricole traditionnel. Elles utilisent une immense part des récoltes végétales, provenant parfois de pays en voie de développement, pour nourrir les animaux d'élevage et non les individus qui en auraient réellement besoin. Les fermes-usines, en plus d'être complètement discutables sur le plan éthique, engendrent un gaspillage aberrant que nous ne pouvons tolérer.

Ces exploitations ne représentent en aucun cas le modèle agricole que nous devrions prôner en tant que socialistes. Elles sont totalement irrespectueuses envers l'environnement, et il ne faut pas l'oublier, "être socialiste, c'est être écologiste", mais aussi envers les animaux d'élevage qui y sont exploités, subissant un stress permanent. En effet, nous ne pouvons pas accepter une telle maltraitance d'êtres sensibles en tant que socialistes à l’heure où nous avons modifié le code civil afin de reconnaître les animaux en tant qu’êtres vivants doués de sensibilité. De plus, les productions issues de cette industrie sont d'une qualité laissant à désirer.

Aujourd'hui, à cause de ce genre d'exploitations, la viande, les produits laitiers, les œufs, sont devenus quelque chose de banal, beaucoup de consommateurs en mangent tous les jours sans exception, alors qu'une trop grande consommation de ces produits est extrêmement néfaste pour la santé, d'autant plus quand ils sont produits à la chaîne, privilégiant la quantité au lieu de la qualité. Aussi, la concentration des animaux entraîne une forte propagation des maladies infectieuses, les traitements aux antibiotiques sont généralisés, massifs et indifférenciés, ce qui entraîne une pollution de l'eau que nous ne savons pas traiter et des effets inconnus voire néfastes sur la santé humaine.

Il faut arrêter de prôner un système qui nous pousse à renier des produits de qualité, à consommer plus et donc à polluer plus. Les fermes usines permettent d'obtenir une grande quantité d'aliments et de produits à moindre coût. Seulement, bien que les prix soient plus accessibles pour les consommateurs, il n'en reste pas moins vrai que les dégâts engendrés autour des exploitations agricoles comme la propagation des algues vertes, l’obligation du traitement des eaux et les maladies provoquées par les résidus de pesticides dans l'alimentation représentent finalement un coût beaucoup plus important pour l'Etat.

Au contraire nous pensons qu'il est indispensable de favoriser les exploitations de taille réduites, de proximité, privilégiant la qualité des produits agricoles, le respect de l’environnement, l'éthique envers les être vivants et c'est également ce que souhaite la majorité des français. L'un des enjeux est l'incitation à une agriculture paysanne. Le modèle de surexploitation industrielle est ni viable ni pérenne. Nous devons alors opter pour l'agro- écologie comme vous l’énoncez régulièrement qui sera profitable aux citoyens, aux agriculteurs et à l'environnement.

Les Jeunes Socialistes de l’Hérault se positionnent clairement pour une agriculture paysanne et écologique, alors qu'elle représentait fin 2012 seulement 3,7% de la Surface Agricole Utile française. Les circuits courts qui sont alimentés par de petites exploitations doivent être favorisés par des moyens concrets permettant leur essor. Cette réappropriation de nos territoires permettra de réduire les coûts de transport et l'empreinte écologique. Les consommateurs s'y retrouveront en ayant plus de facilité à accéder aux produits bio et locaux. On assiste à une vague de créations de magasins bio et de produits régionaux, de points de vente fonctionnant sur le modèle de l'économie sociale et solidaire, qui sont au passage des lieux plus conviviaux et vecteurs de lien social. Nous pourrons ainsi créer de nombreux emplois locaux non délocalisables qui permettront de participer à la baisse du chômage, qui est l’une des priorités du gouvernement. Nous devons par ailleurs inciter les collectivités territoriales à utiliser des produits issus de l’agro-écologie au sein de leurs services de restauration collective. Des aides et un encadrement pédagogique de l’Etat permettra à ces dernières d’aller dans ce sens.

Ce nouveau modèle permettra aux français de devenir des consommateurs-citoyens responsables en connaissant la provenance et le mode de transformation des produits alimentaires achetés. Nous choisissons lors des élections nos représentants ; la République du 21ème siècle doit aussi nous permettre de choisir notre modèle de consommation. Pour cela notre production doit obéir au principe de transparence et d’information qui permettra aux citoyens de décider de ce qui doit se retrouver dans leurs assiettes.

Ainsi, nous vous demandons de prendre en compte notre lettre, nos réflexions, et de fermer les fermes usines.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau