Hommage à Jean Jaurès

  • Par mjs34
  • Le 04/08/2016
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Discours prononcé au nom du Mouvement des Jeunes Socialistes de l’Hérault à l’occasion de la cérémonie annuelle d’hommage à Jean Jaurès, le 31 juillet  2016 à Montpellier.


 

Merci. Oui d’abord merci, de nous renouveler cette année encore votre confiance en laissant au Mouvement des Jeunes Socialistes de l’Hérault l’occasion de s’exprimer en cette journée d’hommage.

 

Comment commencer sans faire référence à l’abject attentat de Nice, auquel est venu s’ajouter celui de Saint-Etienne-du-Rouvray ? Qu’en dire ? Avons-nous les mots pour décrire ce que nous vivons ? Et suffisent-ils seulement le cas échéant ? Pouvons nous continuer à vivre comme avant, comme si de rien n’était ?

 

Toutes ces questions je me les suis posées en écrivant ce discours et je crois qu’on se les est tous posées au final d’une manière ou d’une autre. Elles nous touchent au plus profond de notre conscience humaine. Et à vrai dire je doute quant aux réponses à y donner.

 

Nous sommes dans une période grave, trouble, dure ; nous faisons face à une menace terroriste inédite par son ampleur et par sa violence, une violence qu’aucun être humain ne devrait pouvoir admettre.

 

La conviction que j’ai et que je veux partager avec vous, c’est que plus que jamais et avant tout, la bataille à laquelle nous faisons face est culturelle. Oui, ce sont les fondements de notre vivre ensemble, nos valeurs communes, qui sont menacés.

 

Si bien sûr cela se traduit en matière sécuritaire, et que les réponses données doivent à court terme se situer sur ce terrain là, notre rôle fondamental est de dire qu’à long terme, seule la Politique sera à même de régler profondément le problème. Il nous faut donc plus que jamais en faire.

 

Le monde vit au gré d’une multitude d’épreuves et de désordres. L’humanité est confrontée à des enjeux cruciaux et vitaux, du dérèglement climatique aux conflits armés en passant par l’intense pauvreté vécue par tant d’hommes, de femmes et d’enfants.  

 

Encore et toujours, peut-être même plus que jamais, notre mode de vie, notre société, nos valeurs, sont menacés. Nos ennemis sont nombreux, ils ont des noms, des visages, des programmes, et leur détermination est sans faille.

 

Tout nous oppose à eux et dans le combat que nous avons à leur mener, nous n’avons ni le droit à l’erreur ni le droit à la démobilisation. Bien sûr, personne ne peut nier que le contexte politique que nous vivons incite difficilement à l’optimisme.

 

Mais notre rôle n’en est que plus fort : faire de l’optimisme de la volonté notre ligne de conduite absolue, intangible, tant individuellement que collectivement. Plus qu’un rôle, c’est un devoir, une nécessité.

 

Il nous faut dire au monde notre soif d’engagement et de changement. Elle est si grande. Aussi grande que tous les tumultes qui abîment d’innombrables vies humaines partout dans le monde, salissent des idéaux humanistes pourtant si nobles, détruisent des écosystèmes pourtant vitaux.

 

Le dire au monde, c’est d’abord le dire aux nôtres, à nos proches, chacun à notre échelle de vie. Et chacun ici, j’en ai la conviction, porte en lui une partie de la solution aux désordres et aux injustices. Une solution protéiforme bien sûr, mais qui ne peut venir que de nous, de nous tous.

 

Revenons en à ce qui nous rassemble aujourd’hui ici, un dimanche 31 juillet 2016, au coeur de l’été à Montpellier. Je veux bien sûr parler de l’hommage que nous rendons ce jour à l’un de nos illustres prédécesseurs : Jean Jaurès.

 

Je vais vous en parler à l’aune de ce que je viens de dire auparavant, au regard du moment que nous vivons. Car, ici nul n’en doutera, son héritage lumineux nous éclaire autant qu’il nous honore et nous oblige. Loin de moi l’idée sordide de faire parler les morts : je ne vous dirai pas ce que Jaurès aurait fait ou pensé à notre place.

 

Je ne vous assommerai pas non plus de citations. Je voudrais juste essayer de tirer de la force et de la richesse de l’engagement d’un homme des enseignements bien utiles à notre militantisme, tant cet homme a marqué à jamais le socialisme français.

 

Savoir où l’on va, c’est d’abord savoir d’où l’on vient. Savoir en toutes circonstances garder intactes nos convictions les plus profondes, les plus précieuses. Celles qui font de nous des hommes et femmes de valeur.

 

Oui de valeur, car la valeur n’attend ni après l’âge, ni après le sexe, ni après l’origine réelle ou supposée, ni après la condition sociale, pour se manifester. Elle caractérise ceux qui au-delà des turpitudes de la vie ni ne se défaussent, ni ne se renient, ni n’abdiquent.

 

Si notre engagement et nos idéaux sont notre force, il faut savoir en être à la hauteur. Et je crois qu’il y a d’abord un défi, majeur si ce n’est premier, qui se pose à nous : dire ce que nous faisons, faire ce que nous disons. Faisons de cette exigence de vérité une réalité constante.

 

Jaurès a su le faire. Il n’a jamais dévié de ses convictions pacifistes, humanistes, républicaines, socialistes. Au point même qu’au coeur de l’été 1914 un nationaliste d’extrême droite tragiquement célèbre en est venu à lui ôter la vie.

 

Si il fallait ne retenir qu’un élément de la vie de Jaurès, je crois qu’il se situerait là : mettre toutes ses forces au service de ses convictions, ne jamais rien abandonner de ses principes et toujours chercher à convaincre sans jamais vouloir imposer.

 

Qu’avons nous donc à faire ? Personne ici et pas plus moi que quiconque ne peut affirmer avoir toute la réponse à cette question. Car la réponse est multiple, complexe et difficile à mettre en oeuvre.

 

Par contre, ce dont j’ai l’intime conviction, c’est que l’écosocialisme, le socialisme de notre temps, porte en lui des réponses profondément utiles, justes et efficaces. Il doit répondre aux grandes mutations du siècle actuel : écologique, démocratique, sociale et économique.

 

Nous devons nous mettre à son service, humblement et avec détermination, parce que ses principes nous dépassent. Ils nous dépassent et ils nous grandissent. Et être à son service, c’est d’abord le construire, pas à pas, en tout temps et en tout lieu.

 

Construire l’écosocialisme, c’est d’abord ne rien abandonner des fondements de la Gauche.

 

Construire l’écosocialisme, c’est refuser les régressions sociales et l’affaiblissement de la protection et des droits des salariés, historiquement portés par la droite.

 

Construire l’écosocialisme, c’est refuser les dangereuses mesures inégalitaires et de division nationale empruntées à l’extrême droite.

 

Construire l’écosocialisme, c’est refuser, et je te le dis en toute honnêteté Hussein car je crois que cela est essentiel dans notre famille politique, les réponses simplistes à la menace terroriste, préférant les sondages d’opinion à la raison, qui ne sont rien d’autre qu’une capitulation dans la guerre culturelle et de valeurs qui nous oppose aux terroristes. Oui, notre démocratie, notre État de droit, nos valeurs humanistes et progressistes, sont notre force, notre plus belle arme, pour vaincre le terrorisme. Je veux le dire avec vigueur. Comme le disait Paul Valéry : “la faiblesse de la force est de croire qu’à la force”. Soyons en plus que jamais certains.

 

Construire l’écosocialisme, c’est imaginer des solutions nouvelles aux problèmes de notre temps : nouvelles souffrances au travail, injustices fiscales, inégalité d’accès au logement, discriminations, sexisme, chômage de masse, pauvreté, système scolaire qui reproduit les inégalités et conforte les déterminismes sociaux, relégation territoriale, exclusion sociale, sentiment de déclassement… Je m’en arrêterai là même si bien sûr la liste est loin d’être exhaustive.

 

Construire l’écosocialisme, c’est défendre coûte que coûte la démocratie, car elle est notre bien le plus précieux. Et, comme l’a très bien dit François Hollande, si elle est aujourd’hui une cible, elle est surtout notre plus efficace bouclier face aux périls qui nous guettent.

 

Construire l’écosocialisme, c’est faire de la République une réalité tangible, juste, égale, pour tous et partout, car elle porte en elle la promesse d’un avenir meilleur, d’un bien vivre ensemble, et sa devise suffit à le démontrer tant elle se suffit à elle-même.

 

Il découle de tout cela trois grands objectifs : ne pas renier notre identité profonde, imaginer des solutions ambitieuses et audacieuses, défendre la démocratie et la République.

 

Et si nous en faisions notre programme commun pour les mois à venir ?

 

Au nom des Jeunes Socialistes de l’Hérault, je nous invite à le faire, tous ensemble.

 

Les Jeunes Socialistes de l’Hérault y prendront toute leur part.

 

Pour conclure, et l’exercice était immanquable, je vais citer Jaurès : “L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.”


Merci.

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