Conseil départemental de l'Hérault : l'antisémitisme et le sexisme du FN dévoilés ?

  • Par mjs34
  • Le 17/10/2016
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Réuni en assemblée plénière aujourd'hui, le Conseil départemental a voté, à l'initiative de la majorité de Gauche, un nouveau nom pour le collège Las Cazes.

 

Ce nouveau nom est l'aboutissement d'une stratégie - ministérielle, académique et départementale - volontariste de la Gauche pour sortir ce collège de la relégation dans laquelle il était enfermé. Il a été refusé par les élus FN.

 

Le choix "Simone Veil" apparaît comme judicieux et ambitieux car c'est une femme qui incarne le courage et la détermination, une femme qui n'a pas démérité pour faire avancer la Liberté.

 

Son histoire personnelle, de femme, de confession juive, victime de la barbarie nazie, enfermée dans un camp de concentration, son combat ultérieur pour le droit à l'IVG, sa qualité de première femme présidente du Parlement européen, sont aujourd'hui la cible de l'extrême-droite locale.

 

À tous les niveaux, dans tous les espaces où nous les laissons accéder au pouvoir, ils font les mêmes choses : insulter l'intelligence humaine, propager la haine, instiguer la division, déstabiliser l'internationalisme, salir notre République, anéantir leur honneur.

 

D'ailleurs, l'extrême-droite à Béziers a, il y a bientôt deux ans, choisi de débaptiser la rue du 19 mars 1962, pour la rebaptiser du nom d'un partisan de l'Algérie française, ayant organisé un putsch à ce titre. Par cet acte rétrograde, sectaire et manipulateur de consciences, elle s'est servie de moyens publics pour valoriser un bien sombre personnage.

 

A l'inverse, là, la Gauche fait le choix, pour la réussite éducative de tous, dans l'honnêteté intellectuelle et la tradition républicaine, de mettre en avant une femme, engagée à droite, dont le combat poursuivait l'intérêt général.

 

Ainsi, ce sont ici leurs fondements idéologiques sexistes et antisémites qui se révèlent, une fois de plus, au grand jour. Voici donc une nouvelle preuve concrète, s'il en est encore besoin, de ce qu'ils sont réellement, de leur vrai visage, au-delà de leur stratégie médiatique, fallacieuse et mensongère de "dédiabolisation".

 

Plus que jamais, les républicains et démocrates doivent s'unir sur l'essentiel. Ils doivent donc ne pas se perdre et ne pas perdre. Car l'essentiel est en jeu. Soyons en, tous, à la hauteur.

Commentaires (2)

BHW
Now I am going away to do my breakfast, once having my breakfast coming yet again to read
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Y.
  • 2. Y. | 19/10/2016
Mardi 18 octobre 2016,

Ce lundi 17 octobre 2016, la proposition de rebaptiser le collège Las Cazes à Montpellier a été adoptée en séance plénière du Conseil départemental de l'Hérault, au cours de laquelle un choix non dénué de sens et particulièrement chargé en symboles a été effectué - l'établissement scolaire portera désormais le nom d’une personnalité contemporaine remarquable s’il en est : Simone Veil. Cette femme dont la vie, l’engagement et la trajectoire politique se mêlent et se chevauchent, est sans doute l’une des rares femmes du XXème siècle dont on peut affirmer sans crainte et avec le respect dû qu'elle appartient à la France et à son Histoire.
Cette décision judicieuse et pertinente pouvait laisser envisager une impulsion et une dynamique nouvelles offertes dans un environnement éducatif, urbain, social, spécifique et particulier. Le symbole est évidemment ici prépondérant et contribue d'une certaine façon à repenser l'enseignement et les rapports citoyens dans un établissement où les conditions économiques et sociales n'ont pas toujours été à la hauteur de ce dont on pourrait être en droit d'attendre de notre République. Comment en effet prétendre à l'égalité et à l’espoir d'une élévation au mérite, par l'école, lorsque cette dernière retranscrit, en les accentuant, les inégalités initiales ?
Cette interrogation fondamentale est au cœur des préoccupations de ces familles, de ces parents dont l’inquiétude majeure demeure de savoir si l’avenir de leurs enfants sera meilleur ou s’il est déjà inéluctablement prédéterminé. Je pense là évidemment au mouvement des mères du Petit -Bard, courageuses, fières, dignes et tenaces dans les revendications qui ont été les leurs l’année dernière et que somme toute, n'importe quel parent serait en droit de requérir. Tandis que depuis des années une forme de ségrégation sociale et ethnique s'opérait dans cet établissement, concentrant les difficultés et l'absence de réponse de la part des pouvoirs publics, ces dernières se sont dressées contre un projet de sectorisation dont le but n’était autre que de légitimer cet état de fait que résume cyniquement le sobriquet qui faisait de Las Cazes, « le collège des marocains ».
Simone Veil c'est aussi, d'une certaine manière, rendre hommage à un engagement désintéressé qui fut celui de ces femmes et qu'elles partagent avec l'illustre académicienne, dont l'unique dessein n’a jamais été autre que celui de la défense de valeurs fondamentales (liberté, égalité, équité, droit à la réussite) que l’on est en droit de juger ici comme rompues. Car c'est bien d'un abandon qu'il s'agit: les pouvoirs publics ont déserté et les mêmes personnes sont concentrées en un même espace, avec les mêmes problématiques et les mêmes difficultés.
Quelle ne fut ma surprise lorsque j'ai pris connaissance, par curiosité mais surtout par intérêt pour son titre racoleur, de votre intervention péremptoire (« Conseil départemental de l'Hérault : l'antisémitisme et le sexisme du FN dévoilés ? ») et dont je ne suis pas parvenu à savoir s’il s’agissait d’une affirmation ou d’une interrogation.
Les premières lignes sont...stupéfiantes. L'on hésite entre l’incompréhension, l'indignation voire, osons le, l’exaspération. Dans un registre empreint d'une autosatisfaction que vous n'avez même pas la décence de dissimuler, vous nous expliquez que la décision de changer la dénomination de l'établissement traduit une ambition « volontariste » de votre part pour, je cite, « sortir ce collège de la relégation dans laquelle il était ». Jusqu'à preuve du contraire, aucune donnée ne permet une telle affirmation et les bilans ne peuvent et ne doivent être tirés que sur le moyen-long terme. Sachez qu’il ne suffit pas de décréter pour que cela soit et retenez que la valeur performative du langage a ses limites.
Force est de reconnaître que les lignes sont en train de bouger (classe bilingue anglais-allemand, section internationale anglo-américaine) mais évoquer le « changement de nom » comme un « aboutissement » est non seulement un aveu d’impuissance scandaleux, mais plus encore, dramatique. Faire croire qu'en modifiant le nom d'un collège, la stratégie du volontarisme atteint son achèvement est d'une invraisemblance rare et éhontée.
De deux choses l'une : soit vous vous complaisez dans les symboles – et jusqu'à preuve du contraire, le symbolique n'est qu'un vecteur de l’action politique, pas une pensée, pas un projet, pas une ambition – soit votre incapacité à agir vraiment en profondeur sur la réalité et votre impuissance péniblement dissimulée vous conduisent inéluctablement à vous gargariser de si peu, quand la retenue et l'humilité sont sans doute de meilleures tenues d’apparat.

Il est étonnant que, le développement de votre politique volontariste – contestable au demeurant – tienne pour si peu dans un communiqué où la place faite à la justification d'un choix faisant consensus pour n'importe quel démocrate (Simone Veil), est majeure. Sans doute s'agit-il de ne pas « insulter l'intelligence » et de nous expliquer quelle femme était Madame Veil, bien que je pense que contrairement à beaucoup d’autres, son parcours de femme, de citoyenne, de responsable politique, de femme de culture, exemplaire, plaide pour elle et suffit à justifier ce qui va de soi. Le contester serait un manque cruel de savoir et de connaissance historique dont hélas nous savons bien que le Front National a fait le diptyque nécessaire pour prétendre exercer des responsabilités politiques en son nom.
Cette prise de position consistant à s'être opposés à cette nomination de l'établissement suffit amplement à les décrédibiliser. Pourtant, au lieu de vous contenter de pointer cette évidence qu'aucun citoyen, de quelque sensibilité politique qu'il soit, ne contestera, voilà que vous sombrez – sans doute par pêché d'orgueil – dans cette logorrhée indigeste par laquelle vous permettez à ces « extrémistes » de sortir la tête de l'eau en vous discréditant de manière évidente. Tout pour vous n’est que, « haine », « déshonneur », « division », et ce vocable désuet et incompréhensible, bien que répulsif, suffit à résonner comme une exhortation au compassionnel à l’égard de ces élus frontistes, devenus victimes dès lors que ces mots sont prononcés par vous. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que vous ne les utilisez pas à bon escient et qu'a contrario, la surenchère est, avec vous, permanente, incohérente, inaudible.
La part d'antisémitisme, de sexisme, de xénophobie, d'homophobie, a été, est et demeure dans l'ADN du Front National, quoiqu'en disent les observateurs, dont pour beaucoup, le jugement incomplet se concentre sur des questions de personnes et de stratégie de communication sans jamais songer aux discours et à l'idéologie profonde de ce mouvement.
Mais que dire lorsque vous évoquez leur vote en affirmant que c'est en raison du fait que Simone Veil est juive? Pourquoi ethniciser un débat qui n'a pas de lien avec la réalité concrète ?
Pourquoi n'avoir pas, à défaut d'évoquer la religion, cité le grand combat qui a été celui de cette femme admirable et pour lequel pressions et menaces lui ont été adressées sur la question de l'IVG ? Est-il besoin de rappeler la position de l’extrême droite à ce sujet ? Voilà l’axe qu’il aurait fallu envisager.
A défaut, vous sombrez dans la facilité d’une prise de position dérisoire, mal amenée et mal aboutie qui me conduit à songer non sans certaines interrogations à cette citation de Marguerite de Navarre : « le pire diable chasse le moindre ».
Enfin, évoquer Simone Veil, Las Cazes, et faire l'impasse sur l'engagement qui a été celui de toutes ces mères de familles mobilisées l'an passé, est un malencontreux oubli dont on ne sait que penser. Derrières les concepts, les grand idéaux et les grandes valeurs que vous ne cessez de citer sans jamais parvenir à les développer, sachez qu'ils sont mus par des individus, des femmes et des hommes, qui les incarnent et qui, dans cette incarnation, nous donnent une leçon de pragmatisme et de lucidité dont on aurait tort de ne pas s’en inspirer.
Il convient d'y réfléchir afin d'éviter d'avoir un jour à se demander si a fortiori, le pire n'était pas en train de chasser le moindre ?

Y.

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