Cérémonie des voeux 2018 de la Fédération PS de l’Hérault - Discours de l’AF du MJS

  • Par mjs34
  • Le 20/01/2018
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Mes chers camarades, je veux commencer par vous souhaiter une très belle année 2018, à vous ainsi qu’à vos proches. Qu’elle vous apporte toutes les réussites et les joies que vous pouvez espérer dans vos vies personnelles et privées.

 

Je vous dois aussi l’honnêteté de dire qu’il s’agit de la dernière occasion que j’ai de m’exprimer devant vous, puisque je quitterai ma responsabilité d’animateur fédéral du MJS d’ici quelques semaines. Je me permets donc de vous remercier grandement, pour tout ce que j’ai pu faire et apprendre à vos côtés, et avec le premier d’entre nous en particulier, cher Hussein.

 

Je resterai bien entendu un militant engagé.

 

Mais je voudrais surtout évoquer nos vies publiques, nos vies de militantes et de militants, et vous parler de notre destin collectif, de ce qui pourrait à l’avenir nous rassembler tout en nous rendant utiles à la Gauche.

 

Pour cela je veux m’employer à un double exercice, dans une position d’équilibre, que je sais difficile, mais que je crois inéluctable : faire l’éloge de la culture du doute tout en portant avec conviction la Gauche, sa culture, ses idéaux, ses fondements.

 

Commencer par évoquer la culture du doute est un choix délibéré, celui qu’implique aux yeux des Jeunes Socialistes le fait de mettre des mots honnêtes et fidèles sur la situation politique que nous vivons, pour le moins inédite, et pour sûr historique.

 

Oui, la Gauche vit un tournant et est en cours de recomposition. Oui, la fin d’un cycle pour notre Parti se dessine et sa place dans le paysage politique est en jeu. Voilà en somme ce qui s’apparente aux seules certitudes que nous pouvons avoir à l’heure actuelle.

 

Développer notre culture du doute - fondement d’un engagement fait de convictions sincères et d’ambition d’utilité concrète - est donc, dans la période, ce à quoi je veux nous appeler, avec force, pour éviter les réflexes dépassés et préférer les actions aux réactions.

 

Etre acteurs et non spectateurs, voilà la boussole que nous revendiquons. Il y a bien sûr tant et tant d’incertitudes en politique, mais il y a aussi tant et tant de raisons d’espérer, de dynamiques émergentes et prometteuses, et ce, dans toutes les sphères de la société.

 

Aux côtés de ces dynamiques, c’est à la renaissance de la Gauche que nous devons oeuvrer, au-delà des chapelles et des appareils. Nous sommes condamnés au sursaut et à notre transformation, au risque sinon de décliner durablement ensemble jusqu’au néant.

 

Il y a des urgences, des urgences vitales pour l’humanité, des urgences politiques et sociales, et si nous voulons être collectivement utiles et à la hauteur des tâches qu’elles supposent, il nous faut changer, changer nos manières de faire de la politique.

 

Rien n’est plus fort en politique que l’exemplarité. Et c’est elle qui manque cruellement. Parce que nous n’appliquons pas d’abord à nous-mêmes ce que nous reprochons et demandons aux autres. Là est la clef du lien que nous devons retisser avec les électeurs.

 

Sortons des petits jeux de congrès, des vieilles combines d’appareils, et gardons à l’esprit les nombreux défis que nous avons à relever : de l’écologie, de l’internationalisme, de l’humanisme, de la République, de l’égalité, de la solidarité, de la justice, de l’émancipation.

 

Si, comme le disait Camus, “Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.”, ce sont bien ces défis, ceux qui se posent aux militants sincères et dévoués, ayant les pieds sur terre et des idées plein la tête, qui montrent la voie de l’utilité et de l’espoir.

 

Chacun d’eux révèle le potentiel d’injustices terribles et pourtant quotidiennes que revêt le monde qui nous entoure. Et Camus, encore, disait : “J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.”. Ces propos sont inspirants.

 

Alors je veux parler des écosystèmes détruits par notre économie dérégulée et du dérèglement climatique global causé par nos activités,

 

je veux parler des vies détruites par des politiques migratoires inhumaines,

 

je veux parler de ces dirigeants de puissants États qui menacent la paix et la stabilité mondiales par leur dégénérescence mentale,

 

je veux parler de la folie financière d’un capitalisme sans borne et des incroyables inégalités qu’il induit,

 

je veux parler des ignobles féminicides et violences masculines bien quotidiens et du patriarcat insupportablement triomphant,

 

je veux parler des discriminations et oppressions de toutes natures et des vies brisées de tant et tant d’êtres humains qu’elles provoquent,

 

je veux parler de tous ceux pour qui la misère est une réalité plus qu’un mot lâché comme je le fais dans quelques discours sans effets,

 

je veux parler de tous ces jeunes à qui notre système scolaire n’est pas capable de promettre une véritable émancipation républicaine et une nécessaire autonomie de choix de vie,

 

je veux parler de tous ceux pour qui le droit à la santé et au logement ne sont que des mots,

 

je veux parler de ces fonctionnaires de la République qui sont agressés dans leur tâche pourtant si essentielle,

 

je veux parler de ces victimes d’abus de pouvoir, de violences illégitimes, de fonctionnaires zélés et indignes de leur fonction,

 

je veux parler de tous ceux et de toutes celles qui veulent travailler et en vivre dignement et qui voient en face d’eux une répartition inégalitaire du travail et des richesses...

 

Mais je veux aussi parler du monde qui vient, du monde que nous devons faire advenir : un monde de justice et d’égalité, où chacune et chacun aurait pleinement sa place, aurait la pleine maîtrise de son destin, comme du destin collectif, et serait respecté-e pour ce qu’elle est, pour ce qu’il est, un monde où les nationalismes stupides laisseraient la place à un internationalisme humaniste, un monde économiquement refondé, où le respect de la planète serait à la base d’un nouveau modèle, sobre, tempérant, solidaire, humain, où le travail n'absorberait plus tous nos espaces de liberté, où la Culture viendrait nous libérer de toutes nos aliénations, où le Savoir et la Connaissance seraient les finalités premières de l’Ecole, où le vivre-ensemble serait notre réalité, commune et quotidienne. Bref, un monde de Liberté, celle qui n’existe pas sans Justice.

 

Cet inventaire à la prévert est à n’en pas douter incomplet, il relève sûrement de grandes utopies, mais je veux vous le dire avec la plus forte des convictions que j’ai : à quoi servons-nous si, à l’article du néant, nous ne savons même pas réinventer avec ambition et courage notre projet de société ?

 

Le temps invite en effet au courage, à la prise de risque, à l’affirmation sincère et claire de convictions, à l’action résolue ensuite, au coeur de la Gauche, de toutes ses dynamiques, et bien sûr à son rassemblement, qui ne peut résulter que de synthèses fortes et crédibles.

 

Alors oui, les temps sont difficiles, ils sont difficiles comme rarement ils le sont, mais il ont le mérite de nous questionner au plus profond de ce que nous sommes, de questionner les habitudes déplacées, les certitudes trop établies, de nous sortir d’un confort bien aisé.

 

Nous pouvons rebondir, nous pouvons saisir notre seule chance, celle du Congrès qui vient, pour tout changer, pour devenir enfin cette force socialiste qui refusera toutes les compromissions et présentera aux français un véritable projet de transformation sociale, bien plus lié à nos fondamentaux et à nos idéaux qu’aux basses oeuvres politiciennes et aux petites soumissions à l’ordre établi.

 

Je nous appelle donc à y oeuvrer, chacune et chacun à notre place, avec l’humilité comme valeur première, et l’ambition collective de porter un projet politique à la hauteur des espérances de celles et ceux pour qui nous nous battons comme principe directeur de notre action militante, elle qui doit toujours être au service de ce que nous avons de plus précieux : nos idées et convictions.

 

Merci.

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