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Ménard, l'ignoble

À l'heure de la nécessaire prise en compte de l'ampleur des violences faites aux femmes et où les élus devraient mener des politiques publiques fortes sur le sujet, Ménard affiche une nouvelle fois devant la grand public l'état avancé de sa décomposition morale et intellectuelle.

L'apologie du féminicide que constitue cette campagne - financée avec l'argent du contribuable - est une ignominie, ignominie dont le maire de Béziers est désormais coutumier.

L'État doit réagir de manière extrêmement ferme et exemplaire ; les Jeunes Socialistes de l'Hérault en appellent à sa responsabilité.

Aussi, les Jeunes Socialistes de l'Hérault ne cesseront d'en appeler au sursaut citoyen et au réveil des consciences face au danger représenté par cette extrême-droite à la bêtise et à la dangerosité sans limites. Ils agiront en ce sens.

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L'avortement, un droit partout dans le monde ?

L'avortement, un droit partout dans le monde ?

Non, et nous pouvons même dire que c'est un droit fragile à ce jour.

Il est plus qu'inquiétant qu'au 21ème siècle, ère des cœurs artificiels et autres innovations surprenantes, chaque femme ne puisse pas disposer de son corps comme bon lui semble. En effet, l'Interruption Volontaire de Grossesse n'est accessible qu'à 39,5% des femmes. De nombreux pays en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis ou en Amérique Latine restreignent fortement cette pratique et certains d'entre eux l'interdisent totalement.

Au Suriname et au Salvador, même en cas de viol ou d'inceste, une femme risque 20 ans de prison.
Nous pouvons également noter que seulement 3 pays du continent africain - sur 54 - autorisent l'avortement sans restriction : le Malawi, la Tunisie et l'Afrique du Sud.
En Europe, il existe 5 pays qui n'autorisent pas l'IVG sauf circonstances exceptionnelles : la Pologne, l'Irlande, Chypre, Andorre et Malte.
En Pologne et à Chypre, cela est autorisé uniquement en cas de viol, d'inceste ou de malformations fœtales. La Pologne est revenue sur ses pas, 1 an seulement après avoir légalisé l'avortement en 1997.
En Andorre et en Irlande, l'avortement est interdit sauf si la santé de la femme est en danger.
A Malte, l'avortement est interdit.
Aux Etats-Unis, depuis l'élection de Donald Trump, une loi autorise les Etats à interdire le transfert d'argent public à une clinique qui le pratiquerait. 

La liste peut encore être longue, il y a aussi des cas dans lesquels l'avortement est autorisé mais non pratiqué sous prétexte de cas de conscience pour les médecins.

Plus que jamais, malgré le fait qu'en France l'avortement soit légal depuis 1975 avec la loi Veil, ne considérons pas ce droit comme un acquis, mais bien comme l'objet d'un combat de tous les instants, pour sa reconnaissance partout et par tous.

Réaction à la dernière campagne de Ménard

Fidèle à sa réputation, l’extrême-droite biterroise emmenée par Ménard ne manque pas une occasion de sombrer dans l’immonde, l’outrage et l’atteinte à la raison humaine.

Cette fois, c’est avec une campagne contre la politique du gouvernement envers les communes qu’un bas commerce électoral est fait de l’usage de stéréotypes bien ancrés.

Qu’un élu de la République utilise et amplifie des représentations sociales sexistes, propres au patriarcat, est extrêmement dangereux tant son rôle impose l’exemplarité.

À banaliser encore plus qu’ils ne le sont déjà les comportements de violences et de domination des hommes envers les femmes, cette campagne est complice de ces derniers.

Peut-on sérieusement comparer une violence physique à une baisse de budget ? Peut-on éhontément dire vouloir lutter contre la délinquance tout en la banalisant ?

Pour toutes ces raisons, les Jeunes Socialistes de l’Hérault demandent solennellement le retrait de cette campagne !

Plus que de constamment se mettre en scène et faire de la propagande, aux frais de la Ville, Ménard ferait bien de s’atteler à donner un exemple autre que celui d’un petit voyou.

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Discours à l'Université de rentrée du Parti socialiste de l'Hérault

Discours prononcé par l'Animateur Fédéral (Bastien Frayssinoux) du Mouvement des Jeunes Socialistes de l'Hérault à l'occasion de l'Université de rentrée du Parti Socialiste de l'Hérault (Sète, 2017).

 

Merci à tous d’être venus ici pour cette université de rentrée, dans une période inédite, où notre mobilisation est sans cesse rendue nécessaire et justifiée. Votre présence nombreuse aujourd’hui est à n’en pas douter un signal fort.

Contraint par le temps et convaincu de la nécessité de dire la vérité, ou du moins de se dire les choses entre nous en totale franchise, je veux avec vous partager quelques réflexions sur l’état de notre famille politique, au sens restreint comme au sens large.

Au sens large d’abord, et je veux commencer par là, c’est à dire la famille de Gauche. La Gauche est une grande famille, elle est une certaine idée de la France, et rassemble en toute diversité. Perdre de vue cet horizon, ce serait perdre autant que nous perdre.

Au sens restreint, ensuite, c’est à dire la famille socialiste. Celle qui suscite toute l’énergie militante que nous employons chacune et chacun ici au quotidien, celle qui concentre nos convictions et nos idées, nos débats et nos projets.

Parler de famille, cela a un sens. Oui pour nous, l’unité solide importe plus que la division stérile. Faire l’unité, parce qu’elle est la condition de toute victoire, ce n’est donc pas faire dans l’incantation, c’est faire converger les idéaux, nécessairement proches.

Ni épuration, ni exclusion donc, mais bien convictions, cohérence et sens du collectif. Nous vivons un tournant et notre existence est en jeu. Que voulons-nous faire ensemble ? Voulons-nous seulement déjà rester ensemble ? Ces questions sont essentielles.

Se les poser est salutaire tant les défaites que nous avons connues sont dévastatrices. Des défaites dont la responsabilité est bien collective, et je souhaite bien du courage à ceux qui en toute honnêteté intellectuelle tenteraient de les ramener à une responsabilité individuelle.

Nous sommes entre nous, disons les choses : la défaite provient bien sûr des trahisons ou défections de beaucoup de nos camarades, elle provient aussi d’un quinquennat qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas suscité une folle adhésion parmi nos électeurs.

Mais elle provient également de notre incapacité, depuis des années, à jouer véritablement notre rôle de parti politique, qui concourt à la démocratie, capable de proposer une grille de lecture du monde, une analyse politique structurée, et un projet de société.

Nous ne sommes trop souvent que capables de nous accorder sur nos désaccords, quand il faudrait au contraire nous accorder sur nos idéaux, sur nos volontés de transformation sociale autant que sur la manière d’y œuvrer.

Pour parvenir à cela, il nous faut penser. Réapprendre à penser même. À penser ensemble surtout. Réfléchir aux réalités du monde, aux transitions à l’œuvre, aux solutions que nous pouvons porter... Cela ne peut se faire que si nous mettons de côté nos vaines querelles.

Les Jeunes Socialistes ont toujours eu à cœur d’y œuvrer, avec ambition. Ils ne manquent ni d’énergie, ni de convictions, ni de détermination, et sont fin prêts à contribuer activement à la refondation du Parti socialiste. Vous pourrez compter sur leur engagement.

Plus que dire cela, je me permets ici de vous proposer quelques pistes quant aux changements à opérer dans notre famille politique, bien sûr non exhaustives, et évidemment uniquement portées à la réflexion et au débat.

Au Mouvement des Jeunes Socialistes, nous militons depuis des années pour une redéfinition de corpus idéologique, à travers l’écosocialisme - prenant ainsi à bras le corps la question écologique. Tant la science que des évènements récents en montrent l’urgence.

Pour autant plus que jamais nous disons qu’il ne faut rien perdre de nos fondamentaux et donc repenser nos propositions en matière de lutte contre la pauvreté et les multiples inégalités, les violences de toutes sortes et les oppressions de toutes natures.

Mieux répartir les richesses, garantir à tous un revenu et un logement décents, abattre le patriarcat, lutter contre toutes les formes de racisme, de discrimination, de haine et d’exclusion, contre la violence pour elle-même ; voilà quelques objectifs politiques à ce titre.

Aussi, comment nier aujourd’hui l’histoire sociale, riche et séculaire, à laquelle nous sommes rattachés ? Et comment penser les recettes du siècle actuel avec les ingrédients du siècle dernier ? Partageons mieux le temps de travail, libérons le travail, libérons du travail !

Combattons également, et durement, triple dogme libéral, conservateur et réactionnaire, appliqué à l’Ecole de la République. Préservons ce bien si précieux de l’élitisme aussi déconnecté que destructeur de ces quelques uns qui veulent imposer leur vision à tous.

Enfin, adaptons notre ambition démocratique aux nouvelles architectures institutionnelles - intercommunalités, régions, Union européenne, ONU - ; pensons leur juste place, leur schéma de fonctionnement, et faisons de l’implication des citoyens plus qu’un slogan !

Dire tout cela, c’est oublier une chose, certes secondaire, mais non moins salutaire : la nécessité de changer nos modes d’organisation et de fonctionnement, vers plus d’efficacité et de démocratie. Rénovons en profondeur nos statuts, nos cadres militants et de débat !

Faire cela, ce n’est pas nous enfermer sur nous-mêmes, c’est au contraire être exemplaires et appliquer d’abord à nous-mêmes les principes que nous défendons pour les autres. Par suite, c’est la condition de tout, tant de notre crédibilité politique que de victoires futures.

Ma conclusion approche et je dois vous faire une confidence : ces quelques propos ne sont que liminaires. Ils ne sont en fait rien d’autre qu’une invitation à poursuivre ensemble un débat honnête, profond, sans faux-semblants, en toute rigueur, et par conséquent, fécond.

Je finirais donc avec René Char, qui disait si justement : “Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit.” Merci !

Avec Philippe Saurel, on cherche encore la “gauche tendance Jaurès”

On pensait le mépris social réservé à la droite dure ou à des députés LREM en mal de reconnaissance médiatique. Et puis on a retrouvé le maire-président en grande forme dans son interview de rentrée à Midi Libre.

 

Celui qui se réclamait à tort et à travers du socialisme et de la gauche “tendance Jaurès” ne manque pas une occasion de se faire remarquer par ses sorties - qu’elles soient incohérentes, outrancières, mensongères ou méprisantes.

 

En déclarant au sujet de la baisse du montant des aides au logement “Mais enfin, ce n’est quand même que 5€.”, il démontre sa méconnaissance du quotidien de beaucoup de montpelliérains - particulièrement les jeunes - durement touchés par la pauvreté.

 

Pas à une contradiction près, il dit juste avant la nécessité de “penser toujours aux plus faibles”. On ne saurait que l’inviter à ne plus y penser, au moins pourrait-on s’attendre à plus d’égard pour ceux pour qui quelques euros représentent beaucoup. Ou, au choix, à faire de la proximité avec les citoyens - et donc leurs réalités - autre chose qu’un slogan.

Hommage à Jean Jaurès

Discours prononcé au nom du Mouvement des Jeunes Socialistes de l’Hérault à l’occasion de la cérémonie annuelle d’hommage à Jean Jaurès, le 31 juillet 2017 à Montpellier.
 
Je ne peux commencer sans vous remercier. Vous remercier tous ici présents, en plein été, un début de soirée en semaine à Montpellier ; rassemblés, pour ne jamais oublier notre histoire et la faire vivre tant elle le mérite à bien des égards.
 
M’exprimant au nom du Mouvement des Jeunes Socialistes de l’Hérault, je veux aussi remercier tous ceux qui, admirablement, n’ont pas compté leurs heures sur le terrain, engagés au service d’un collectif et de ses candidats, au cours de cette riche et intense année militante.
 
Et comment là pourrais-je ne pas parler de l’exceptionnelle mobilisation des Jeunes Socialistes de l’Hérault, dont de nombreux camarades nouvellement engagés : ils ont été exemplaires et ont montré le plus beau visage de la Gauche, celui des convictions sincères et du dévouement désintéressé.
 
C’est donc dans un contexte inédit, celui d’une défaite, lourde, historique et collective, que nous honorons la mémoire de Jean Jaurès, lui qui fût assassiné pour ses convictions profondes et pour le courage dont il faisait preuve en les défendant.
 
De ce passé, de notre histoire commune en général, qu’elle soit proche ou lointaine d’ailleurs, nous ne devons rien oublier, et toujours nous y appuyer. C’est ce à quoi je nous appelle dans la période.
 
Oui plus que jamais, il nous faut revenir à nos fondamentaux, ceux d’une Gauche déterminée dans l’action, et utile à l’émancipation humaine, à l’égalité et à la justice sociales.
Partir du réel mais pour aller à l’idéal. Celui que trop souvent certains ont perdu de vue, par renoncement, inconséquence ou opportunisme.
 
Nous faisons face à une recomposition du paysage politique, et nous devons en tirer profit : plus que tout, nous devons être clairs, avec nous-mêmes, entre nous, pour les citoyens.
 
Être clair, cela implique de trancher des orientations politiques, de choisir entre plusieurs options, cela implique donc à la fois de la réflexion, des convictions, et du courage.
 
Il nous faut savoir ce que nous sommes, le dire avec force et cohérence, et agir en conséquence. C’est cela l’enjeu, chacun-e doit le comprendre et en tirer des conclusions.
 
Je veux ici en revenir à Jaurès, illustre figure de ce beau mot de socialisme, lui qui disait si justement que “Sans la République, le Socialisme est impuissant. Sans le Socialisme, la République est vide.”
 
Si la République, nous le savons, est menacée de périls graves tels que le terrorisme ou le désengagement civique, cela n’est donc en rien une invitation à oublier le socialisme, c’est même tout le contraire.
 
Voilà pourquoi l’idée socialiste a autant besoin d’être portée, défendue, réincarnée, réinventée. Parce que nous faisons face à des inégalités criantes, à des injustices inacceptables, à des oppressions terribles, à des désordres puissants, et parce que le monde évolue.
 
Parce que nous voulons une société où nous n’opposerons plus Liberté et Egalité, mais où elles permettraient de concert l’aboutissement d’une société du bien vivre ensemble.
 
Parce que nous voulons des individus entièrement autonomes, émancipés par l’Ecole de la République, protégés par une République sociale dépassant les lois du marché.
 
Parce que nous voulons des services publics à même de jouer pleinement leur rôle, celui d’être le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, ainsi acteurs de la cohésion et de la solidarité.
 
Parce que nous croyons à la science, que nous préférons la raison aux passions, nous devons prendre en compte les mutations de notre siècle et y apporter des réponses.
 
Parce que, comme le rappelle si justement Edgar Morin, à force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel.
 
Alors oui nous devons repenser la place du travail dans la société et dans nos vies, fidèles à notre histoire, à nos valeurs et à nos idéaux, mais conscients des transformations profondes qu’il connaît et de la situation sociale dégradée de bien trop nombreuses personnes.
 
Oui nous devons repenser la place de l’écologie dans notre projet de société, conscients du péril grave et imminent auquel est confrontée la planète à cause de l’humanité, elle-même qui in fine risque sa propre extinction d’ailleurs.
 
Oui nous devons en finir avec de bien nombreuses idées dépassées, certes confortables mais dangereuses, quant à la démocratie. A l’heure où celle-ci est profondément remise en cause, il nous faut urgemment la réinventer.
 
Oui, nous devons retrouver notre conviction internationaliste, notre idéal humaniste, et penser la question européenne avec ambition et clarté, engagés aux côtés de tous nos partenaires de gauche, ceux prêts à réformer l’Union vers plus de démocratie et d’égalité.
 
J’ai évoqué là quelques défis de société, quelques priorités politiques, et rien de cela n’est exhaustif ou n’a la prétention de tout solutionner ; d’autant plus que je suis contraint par le temps, et m’approche de la conclusion.
 
Pour finir je veux insister sur une idée force, marquante chez Jaurès : le courage. Je crois qu’il nous en manque tous, tant individuellement que collectivement. Nous pouvons, et devons, y remédier. Pour être réellement utile à ce pourquoi et à ceux pour qui nous nous battons.
 
Le courage est une si grande vertu.
 
Courage de chercher la vérité et de la dire, courage d’assumer ses convictions, courage d’agir y compris et d’autant plus face à des risques et menaces grandissants...
 
Je conclurai ce propos par une citation de Jean Jaurès, qui résonne plus que jamais par sa justesse à l’heure où nous vivons bien trop souvent le pire et sommes si profondément confrontés aux turpitudes et vicissitudes de l’humanité : “Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.”
 
Voilà la ligne de crête sur laquelle nous sommes : confrontés à tant de conflits, multiples et variés, à tant d’expressions fulgurantes et tragiques de la force, nous n’avons pour nous que notre raison et nos idéaux. Un long chemin et de durs combats nous attendent, mais si, et seulement si, nous partons sincèrement convaincus, déterminés à agir et réellement ensemble, nous convaincrons, nous vaincrons la résignation et nous changerons la vie.
 
Merci.

Déclaration des Jeunes Socialistes de l'Hérault : "Socialistes, plus que jamais"

La Gauche vit un tournant, le Socialisme tout autant. Ces belles idées ne sont pas mortes, elles sont à réinventer, à réincarner. Alors, si à l’heure de la fin de cycles tout nous invite à tout changer - beaucoup en parlent -, ce sera en premier lieu à nous de le faire.

Quels cycles finissent ?

Celui d’abord des élections nationales, qui nous ont fortement mobilisés, pour lesquels nous nous sommes engagés avec conviction, détermination, dévouement même. Nous avions pour nous un projet de Gauche, novateur, ambitieux, fidèle à nos idéaux.

Celui ensuite d’un quinquennat, dont on sait difficilement qualifier le bilan - entre honneur et fierté, déception et désillusion -, tant, malgré des avancées indéniables, signifiantes, les renoncements ont pesé lourd dans les coeurs et les consciences.

Celui enfin, né à Epinay, d’un Parti Socialiste rassembleur, central, ancré à Gauche : le temps de la synthèse molle et folle, des compromis masquant la compromission des convictions, est désormais révolu. L’élection présidentielle a bien montré qu’un important fossé idéel existait.

Ce fossé, durable, ne doit pas pour nous constituer un horizon : il est désormais l’incarnation de la clarté, celle qui divise ceux pour qui le clivage Gauche/Droite a toujours eu du sens, et les autres, qui se fourvoient dans l’illusion prétendument moderne de clivages dépassés.

Quel horizon alors ?

Si rien ne serait pire que de ne pas tirer les enseignements du passé, fût-il proche, il nous appartient aujourd’hui de penser l’avenir - notre avenir -, de penser le socialisme de demain. Celui qui ne pourra pas être dans la reconduction de vieilles recettes, de vieilles pratiques.

Le temps est désormais à l’innovation, à l’invention, à la force de convictions sincères couplée à la cohérence de l’action forte. Rien de cela ne se fera sans partir de ce qui nous fonde, mais rien de cela ne réussira si nous nous contentons de changer la forme sans le fond.

Deux années sans élections nous attendent ; elles devront être utiles, constructives et productives. Nos deux jambes, l’une dans l’opposition parlementaire, l’autre au côté du mouvement social, couplées à notre tête, pensive et pensante, en seront les déterminants.

Plus que jamais nous adressons un message d’espoir et d’espérance. Nous sommes socialistes et nous en sommes fiers. Nous voulons changer la vie, ici et maintenant, encore et toujours. Nous le clamons avec rien d’autre pour nous que la force de nos idéaux.

Ce message portera ses fruits si nous démontrons notre capacité à agir collectivement, à toujours plus rassembler dans l’épreuve. Voilà à notre échelle le combat que nous voulons mener, et nous invitons tous les jeunes de Gauche à y participer avec nous, à nous rejoindre.

Nos propositions pour les législatives

PROPOSITIONS DES JEUNES SOCIALISTES DE L'HÉRAULT


 

Nous vivons assurément un temps politique inédit. Qu’il s’agisse de la montée des extrêmes et de l’abstention, de l’émergence de clivages nouveaux, des chamboulements à Gauche, des débats nouveaux et défis lourds, tout laisse à le penser.

 

C’est dans cette période que nous voulons réaffirmer deux principes clairs et à notre avis essentiels à mettre en oeuvre : la clarté dans les projets politiques proposés, l’action déterminée au service de ces derniers.

 

Pour cela, il nous semble indispensable, indépassable, de partir de ce qui nous fonde : nos convictions. Il y a donc un enjeu à notre sens décisif et déterminant à proposer des idées nouvelles, des solutions concrètes, des ambitions fortes.

 

Dans le moment que nous vivons, où le libéralisme économique mené au pouvoir menace notre modèle social, nos protections collectives, nos droits individuels, tout en voulant la dérégulation notoire de l’économie, au service des plus favorisés, il nous faut agir.

 

Agir d’abord bien sûr avec des députés de Gauche à l’Assemblée nationale, qui devront s’opposer pied à pied à toutes les mesures injustes et inégalitaires qui leur seront proposées, restants ainsi fidèles aux idéaux qui nous animent et nous rassemblent.

 

Agir aussi, plus largement, avec une nécessaire réinvention de nos pratiques et de nos propositions, qui doivent s’ancrer le réel - y compris nouveau - et prendre la pleine mesure des grandes mutations en cours, en pensant les ambitieuses transitions de société à opérer.

 

A cet effet, nous proposons, à notre échelle, une base programmatique, non exhaustive mais concernant plusieurs grands enjeux, élaborée en des temps très contraints, de manière collaborative et collégiale, approuvée démocratiquement.


 

Pour une santé modernisée, accessible et de qualité

 

  1. Poursuite de la politique d'aide à l'installation de médecins libéraux sur des territoires sous dotés mais nous irons plus loin ; chaque médecin installé au sein d'une zone où la démographie médicale est riche devra s'engager à assurer avec ses pairs une permanence des soins dans des MSP (maisons de santé pluriprofessionnelles) situées sur des territoires de "déserts médicaux" de sa région ; aussi, nous constatons que moins d'un interne sur 3 finissant sa formation s'installe dans l'année qui suit ;  les nouveaux doctorants en médecine générale pourront donc être salariés de MSP afin de profiter d'un statut plus protecteur en l'échange de l'exercice d'un service public

 

  1. Assouplissement du numerus clausus en première année d’étude de santé et nous lancerons un audit concernant le fond, la forme et le mode de sélection des étudiants en santé

 

  1. Mutilations génitales : interdiction explicite et pénalisation des opérations “d’assignation” infligées aux nouveaux-nés intersexués (dès lors qu’aucun risque vital ne nécessite une telle intervention) ; une personne intersexe pourra alors “choisir” son genre et décider par elle-même une fois qu’elle pourra consentir à des actes médicaux

 

  1. Co-consentement à un acte médical : dès 15 ans, le consentement de l’enfant sera nécessaire au même titre que celui de ses parents

 

  1. Reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle (pour adapter nos lois aux nouvelles souffrances au travail)

 

  1. Interdiction des substances à la dangerosité avérée pour la santé humaine utilisées par l’industrie (perturbateurs endocriniens, pesticides…)

 

  1. Plan visant l’arrêt de l’utilisation du diesel à l’échelle européenne (en raison de la nocivité des particules fines) à travers en premier lieu l’interdiction de fabrication de moteurs diesels à court terme, puis l’instauration d’un bonus-malus à moyen terme (hausse de taxes sur les véhicules diesel compensée par baisse sur les véhicules sans diesel)

 

  1. Encouragement à l’utilisation du sport comme une forme de réponse médicale (prescription possible de séances de sport, remboursées par la sécurité sociale)

 

  1. Objectif de remboursement intégral par la sécurité sociale de toutes les dépenses personnelles de santé (afin de réduire les coûts globaux de gestion et de simplifier le système, dans un but d’accès de tous à une santé de qualité), en commençant par les soins dentaires et d’optiques

 

  1. Plan de développement de la prévention en matière médicale, notamment avec la vente de médicament à l’unité


 

Pour une fiscalité plus juste, plus efficiente et plus lisible

 

Nous avons choisi, pour des questions de temps, de nous concentrer sur 3 sujets plus précis : la fiscalité sur les revenus, la fiscalité sur les entreprises et la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales.

 

1. Fiscalité sur les revenus

 

Objectifs politiques : progressivité réelle, justice sociale, élargissement de l'assiette (tous les types de revenus devant être fiscalisés), lisibilité et simplification, sentiment d’appartenance à la République et mise en avant du commun.

 

1.1 - individualisation de l’IRPP (c’est à dire, notamment, suppression du système actuel qui favorise l’inégalité salariale dans le couple et reste très complexe), compensée par une aide directe destinée aux couples

 

1.2 - alignement de “l’assiette” de l’IRPP sur celle de la CSG (c’est à dire imposition de tous les types de revenus, soit assiette large)

 

1.3 - suppression de principe de toutes les dépenses fiscales et remplacement de celles utiles et efficaces par des aides directes (lutte contre l’extrême mitage de l’assiette et l’illisibilité forte du système fiscal)

 

1.4 - fusion de l’IRPP et de la CSG (c’est à dire un impôt unique, prélevé à la source, avec un nouveau barème, plus simple, plus progressif et plus juste)

 

2. Fiscalité sur les entreprises

 

Objectifs politiques : contribution au nécessaire développement économique et à la santé des entreprises, incitation à des pratiques plus vertueuses, adaptation à une économie désormais souvent centrée sur le numérique et la mobilité internationale forte des capitaux.

 

2.1 - création d’une base commune et claire d’un IS européen (pour s’adapter aux capitaux mobiles et lutter contre le dumping) : a minima une assiette commune et un taux minimum, modulable par État

 

2.2 - introduction d’une forme de progressivité de l’IS favorisant les TPE et PME (taux modulés selon la taille et/ou selon l’intensité capitalistique)

 

3. Lutte contre la fraude et l’évasion fiscales

 

Objectifs politiques : respect des lois de la République, affirmation de l’égalité des citoyens devant la loi, ouvre de l’autorité de l’État, au service de la justice fiscale.

 

3.1 - embauche significative de contrôleurs des impôts pour lutter contre la fraude

 

3.2 - mise en place d’un système à l’américaine concernant les expatriés (pour qu’ils ne paient pas moins d’impôts s’ils vont dans un pays à la fiscalité plus faible, la différence entre les deux étant due à la France)

 

3.3 - empêchement de l’optimisation fiscale artificielle et injuste : les bénéfices des entreprises doivent être imposés là où ils ont été effectivement réalisés (nécessité de transparence accrue des entreprises à cet égard)


 

Pour démocratie revivifiée et une Constitution renouvelée

 

Cette réforme constitutionnelle doit s’appuyer sur trois piliers : mettre le citoyen au coeur du jeu institutionnel, redonner plus de place au Parlement, changer le Parlement.

 

  1. Un Parlement renforcé

 

Les mécanismes donnant au Gouvernement et au Président l’ascendant sur le Parlement doivent être révisés et corrigés. Le Parlement doit redevenir l’élément central et déterminant de la vie politique française, ce coeur battant de la démocratie, initiateur décisif des politiques publiques. Il ne s’agit pas d’un “grand soir” institutionnel, il s’agit déjà d’enlever de la Constitution toutes les dispositions qui limitent bien trop fortement le rôle du Parlement en même temps qu’elles fixent trop peu de limites au Gouvernement.

 

  1. Un Parlement réformé

 

Pour redonner du pouvoir au Parlement, il faut lui redonner de la légitimité démocratique. Cela passe par une réforme de sa composition. Le Sénat doit comprendre à parts égales : des représentants des acteurs économiques et sociaux, des représentants des élus locaux, des citoyens tirés au sort. L’Assemblée Nationale quant à elle doit être composée de représentants des citoyens, élus au scrutin de liste (une seule liste nationale) à la proportionnelle dite intégrale, avec une “prime majoritaire”.

 

  1. Une citoyenneté active

 

Au-delà des institutions existantes, il faut créer de nouveaux espaces d’expression citoyenne, permettant aux citoyens d’interagir régulièrement avec les élus, de participer plus activement à la politique, à travers par exemple des conseils de citoyens tirés au sort chargés de contrôler et conseiller les élus, ou encore un droit des citoyens à intervenir dans la globalité du processus législatif.


 

Pour l’autonomie individuelle, l’égalité et la justice grâce à l'École de la République

 

  1. Allongement de la durée légale obligatoire de la scolarité : de 3 à 18 ans

 

  1. Réduction du nombre d’élèves par classe, particulièrement dans les réseaux d’éducation prioritaire

 

  1. Création d’un service public de soutien scolaire, pour accompagner les élèves les plus en difficulté

 

  1. Refonte du système d’orientation scolaire, pour plus de justice, de liberté et de progressivité, avec un véritable “Collège unique” et des lycées pluridisciplinaires et de proximité, amenant 100% d’une classe d’âge au baccalauréat, proposant un tronc commun (français, histoire-géographie, ECJS) identique pour tous et un choix large d’options de découverte des filières post-bac

 

  1. Réforme du du Diplôme National du Brevet et du Baccalauréat qui ne doivent plus être des “diplômes-sanctions”, mais bien l’accomplissement de cursus de formation et marquant l’acquisition de socles de connaissances et compétences

 

  1. Grande réflexion nationale sur la “révolution pédagogique” : plus d’accompagnement personnalisé, de travaux en petits groupes, d’interactions en classe, évaluation des connaissances et compétences favorisant les progrès et évitant les sanctions humiliantes et inefficaces


 

Pour un Enseignement Supérieur de qualité permettant la réussite de tous

 

  1. Création d’”Université des métiers”, ouvertes à tous les âges, rassemblant tous les actuels cursus de formations diplômantes et professionnalisantes (telles que les CAP, BEP et bac pro), permettant une insertion rapide sur le marché du travail après le bac

 

  1. Réforme du système d’aides sociales, préfigurant un revenu universel, assurant à chaque jeune une pleine autonomie, financière et vis à vis de ses parents (allocation d’autonomie)

 

  1. Augmentation des capacités d’accueil pour faire face aux évolutions démographiques et aux tensions dans certaines filières grâce un investissement de l’État, afin d’assurer l’absence totale de sélection à l’entrée de l’université

 

  1. Application d’une pédagogie nouvelle, en lien avec la proposition identique concernant l'École


 

Pour penser le Travail tel qu’il est, tel qu’il sera, tel qu’il doit être

 

  1. Dans un premier temps, mettre en place rapidement un système assurant à chacun (sans exception) un revenu minimum et décent, sans autres conditions que celles de son âge (dès 18 ans) et du niveau de ses revenus

 

  1. Dans un second temps, lancer une grande conférence mobilisation toute la société ayant pour but de déterminer les contours précis d’un véritable revenu universel et inconditionnel, pensé pour éradiquer la pauvreté, et valoriser le travail tout en libérant ses acteurs (le travail devenant une véritable plus-value financière pour tous et surtout un véritable choix individuel pour chacun)

 

  1. Réduction du temps de travail non imposée, permise par l’instauration d’un droit inconditionnel au temps partiel choisi (lui-même permis par les deux mesures précédentes) et par une conditionnalité des exonérations de cotisations sociales décidées à la suite du CICE et dans le cadre du pacte de “responsabilité”, le tout favorisant ainsi un meilleur partage du temps de travail (“travailler moins, mieux et tous”)


 

Pour une véritable transition écologique

 

  1. Une ambition européenne avec un grand plan d’investissement au service de la conversion écologique de l’économie (pour financer le développement de nouveaux modes de production et d’infrastructures à finalité écologique)

 

  1. Une nécessaire et urgente transition énergétique (fin du nucléaire, des énergies fossiles, réduction de la consommation, développement des énergies renouvelables)

 

  1. Plan de lutte contre l’étalement et pour la densification urbaines

 

  1. Plan de conversion intégrale vers une pêche écologique, en lien avec l’Europe

 

  1. Plan de conversion intégrale vers une agriculture écologique

 

  1. Plan de développement harmonieux et ambitieux des modes de transports en commun écologiques et publics

 

  1. Lancement d’un grand audit national sur les substances polluantes et toxiques (pour les écosystèmes) faisant par la suite l’objet d’un plan de lutte contre ces dernières

 

  1. Plan de construction et de rénovation de logements à forte exigence écologique


 

Pour la sûreté, assurée par des services publics renforcés, piliers de la République

 

  1. Augmentation significative du budget de la Défense avec priorité donnée au développement de nos capacités militaires en mer

 

  1. Création d’une véritable sécurité de proximité à travers le recrutement de nouveaux gendarmes et policiers, et grâce à l’intégration des forces de police municipale dans les corps de police nationale et de gendarmerie nationale (favorisant ainsi une meilleure formation, une meilleure reconnaissance de leur travail et une meilleure efficacité vis à vis de leur mission), compensée par un rôle co-décisionnaire des collectivités territoriales en matière de sécurité

 

  1. Rénovation des prisons vétustes et augmentation globale du nombre de cellules (pour l’encellulement individuel)

 

  1. Augmentation du nombre de personnel du ministère de la Justice (magistrats, greffiers, surveillants pénitentiaires, conseillers d’insertion et de probation)

 

  1. Développement effectif des peines alternatives (souvent plus efficaces), telles que la contrainte pénale

 

  1. Grand plan de lutte contre toutes les violences faites aux femmes (des moins considérées aux plus graves), mobilisant tous les acteurs (santé, sécurité, justice, social) et s’appuyant sur leur formation effective à la prise en charge des victimes, ainsi qu’un traitement pénal renforcé, efficient et ferme